20 juillet 2009
Présentation de la recherche
Phénomènes dansés (Ph)
Les « phénomènes dansés » font partie d’un projet de recherche sur le corps et le mouvement improvisé en lien avec un milieu, un élément, un environnement donné. Ils font échos à ce « climat holiste », dont parle le sociologue Michel Maffesoli, qui « sous-tend le ressurgissement du solidarisme ou de l’organicité de toute chose ». Organicité, « ce glutinuum mundi qui fait que malgré (ou à cause de) la diversité, un ensemble fait corps ».(1)
La notion de phénomène renvoie ici aux expériences tactiles, sensibles qui se partagent, à un tissage gestuel, qui s’élabore à partir d’une mise en commun de principes et de consignes spatiales, corporelles et dynamiques, et qui joue avec les effets de contamination, de résonnance et d’échos.
Les gestuelles se développent à partir d’éléments du quotidiens - marcher, courir, tourner, regarder, s’attraper, se croiser, s’empêcher, s’attirer, se porter ... - revisités par un travail de corps issu des techniques d’improvisation, d’analyse du mouvement, d’une étude sur la perception. Ces gestuelles s’appuient essentiellement sur certains principes d’organisation du corps dans le mouvement et s’élaborent en fonction des formes chorégraphiques qu’elles permettent.
Ces phénomènes dansés sont conçus comme des expériences personnelles et collectives qui questionnent le rapport entre le corps (individuel/collectif/culturel/naturel) et son « milieu » ; le milieu étant un environnement écologique, culturel, social, politique, … qui crée les conditions physiques et mentales d’une expérience.
Comment le corps s’adapte - t’il à un milieu donné ? Quelle est sa part de libre - arbitre? Quel sentiment de liberté ou de contrainte est mis en jeu ? Quels comportements organiques ou culturels apparaissent-ils ?
Les formes créées ont recours à une écriture chorégraphique liée à un « état d’improvisation », cet état permet une part d’adaptation et d’invention possibles laissées aux danseurs/performeurs dans l’expression et la manifestation de ces formes. La danse émane des adaptations physiques et spatiales à une structure donnée, de ces micro-modulations des corps qui rythment et composent le mouvement.
Les "phénomènes dansés" peuvent donner lieu à des formes spectaculaires ou performatives. Ils sont présentés, vécus, regardés, mais échappent à une dimension de "représentation" au sens classique. Ils appellent à une « réception haptique » de la danse et de son mode de présentation. Ils existent dans des contextes très divers (intérieurs, extérieurs, scéniques ou lieux alternatifs), chaque contexte leur donne un support d'existence, une lecture et un sens particuliers. Ils sont pensés comme des formes autonomes qui peuvent s’associer les unes aux autres, jouer avec leur contexte d’apparition, s’en inspirer, s’y inscrire et en transformer la lecture ou la vision que l’on en a.
Les "phénomènes dansés" peuvent avoir des durées variables et des nombres variables de participants.
Ces courtes formes chorégraphiques font appel à un travail sur l’énergie, le sens haptique, la la perception globale ; ils s'inspirent d'images, de phénomènes naturels et culturels, organiques et systémiques pour en étudier certains modes comportementaux.
(1) Le temps des tribus de M. Maffesoli. Ed. la Table Ronde
Créations :
2007/2008/2009 : Projet Ph
Ph 02, forme scénique 35’
Ph 03, performance 20’
2009 : AG itation, formes performatives 35’
2009 : OdS, performances, vidéos,



